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Les jambes tremblantes, Michael poussa la porte et pénétra dans la pièce.
Il n’eut pas le temps de réagir qu’une furie vêtue de rose se précipita sur lui et l’embrassa à pleine bouche…
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Après une demie seconde d’hésitation, Michael la repoussa, lui enserra les poignets et les lui tordit dans le dos, la forçant à s’agenouiller dans un gémissement de douleur et de surprise.
- Qui êtes-vous ? Qui vous envoie ? Demanda-t-il durement, d’une voix glaciale, tranchante, qu’il ne reconnaissait pas…
Il avait pris soudainement peur. Le sentiment insidieux qu’on lui avait tendu un piège.
- La…Lâchez–moi… Tu me fais mal Michael ! Cria-t-elle un peu trop fort.
Sa voix ne parvint pas à transpercer le rideau blanc des souvenirs du jeune homme.
Michael raffermit encore sa prise, lui imposant un silence douloureux.
Elle avait un accent. Europe de l’Est probablement. Un agent de la Compagnie ? ?
Michael reposa sa question sur le même ton, détaillant son visage parfait - un peu trop maquillé, ses longs cheveux ondulés, ses yeux qui le dévisageaient d’un air de reproche vexé…
- Aaaah ! Nom d’un… Jura-t-elle copieusement. C’est moi Michael ! Nika ! !
- Vous savez que cela ne m’évoque rien. Répliqua-t-il le visage parfaitement neutre. Comment avez vous obtenu un accès pour me voir ? Pourquoi êtes vous là ?
Il y eut un instant de silence, la tension était palpable.
(…)
- Je suis ta femme Michael ! Fit-elle d’une voix pleine de colère.
Les yeux exorbités, celui-ci lâcha subitement prise et trébucha en arrière. Sa …femme ?
- Ma… femme ? Répéta-t-il, hésitant entre la suspicion et la honte.
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Du côté de Nika, le calcul était simple.
L’amnésie de Michael était une opportunité inespérée pour elle de se l’attacher définitivement ; de supplanter la doctoresse dans son cœur…
Elle l’avait toujours aimé. Réellement. Tandis que pour lui tout cela n’avait toujours été que du business… Carte verte contre carte de crédit.
Elle l’avait pourtant aidé. Lorsqu’il avait débarqué chez elle avec son frère blessé. Lorsqu’elle était venue à leur secours après qu’ils aient simulé un accident de voiture pour faire croire à leur mort. Lorsqu’elle les avait libérés de ce porc de Bellick…
Bien sûr, jamais elle ne lui avouerait qu’elle avait donné l’autorisation de débrancher les appareils qui le maintenaient en vie lorsqu’il était dans le coma… L’homme de La Compagnie qu’elle avait rencontré avait su se montrer persuasif, et 50 000 dollars avaient vite eut raison de ses hésitations… Les sentiments qu’elle pensait éprouver pour Michael n’avaient pas résisté bien longtemps face à une proposition aussi alléchante…
Elle avait déjà tout oublié de cet épisode, reportant tous ses désirs sur lui dès qu’elle avait su son réveil, son amnésie, son retour en prison.
Elle méritait plus de lui que de simples remerciements. Elle voulait qu’il l’aime.
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- Oui, ta femme… Tu m’aimes Michael ; depuis des années. Ne te souviens tu réellement pas de moi … ?
Elle avait adopté une posture charmeuse et triste, propre à toucher Michael…
Décontenancé, celui-ci ne sut que faire lorsqu’elle s’avança vers lui. Sans le quitter des yeux, elle lui prit la main avec douceur et la porta à sa joue.
Il remarqua son alliance, un anneau que lui ne portait pas…
- Michael… Je sais ce que tu endures…
- Je ne pense pas non… Murmura-t-il avec un petit sourire triste.
Avant qu’il n’ait pu faire un geste, elle déposa un baiser sur ses lèvres et, passant ses bras autour de son cou, plongea enfin son regard dans le bleu si captivant de ses yeux…
Il ne protesta pas.
Il ne recula pas lorsqu’elle l’embrassa une seconde fois, plus fougueusement, encouragée par son attitude.
Les yeux brillants, elle s’écarta un peu de lui sans dévier son regard.
- Michael… Tu seras bientôt libre. Maintenant que Lincoln a été innocenté, le juge sera clément envers toi... Bientôt, tu pourras retrouver ton cher travail, commencer les plans de notre future maison - nous en avons si souvent rêvé ! – avoir les enfants que tu désirais tant…
Mal à l’aise, Michael ne sut que répondre.
Pourquoi aucun souvenir ne remontait à la surface… ? Cette femme… Nika était sensée être la femme de sa vie, celle qu’il avait épousé « pour le meilleur et pour le pire »…
Lorsqu’il avait croisé Lincoln en sortant de l’isolement, il avait senti quelque chose… Il s’était produit quelque chose ; mais là… rien. Pas un frisson. Pas un coup au cœur.
Dérouté, il se dégagea.
- Je ne vous crois pas.
Elle parut furieuse de constater que les effets de ses charmes sur lui semblaient s’estomper.
- Tu te trompes Michael ! Tu te trompes lourdement… Nous nous sommes mariés la veille du jour où tu as commis le braquage qui t’a mené à Fox River… Et malgré mon incompréhension - parce que je t’aimais, je suis venue te rendre visite ici, te soutenir jour après jour… Tenter de te dissuader de commettre la folie de faire évader ton frère…
Elle se rapprochait de plus en plus de lui, tentant de lui toucher la main, de le retenir auprès d’elle tandis que des larmes de détresse et de rage envahissaient ses yeux…
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Michael réalisa immédiatement l’erreur de Nika. S’il l’avait véritablement épousée la veille du braquage, c’était donc qu’elle faisait partie de son plan… Il imaginait mal avoir demandé une femme en mariage sachant son futur plus que compromis… Non plus que de l’avoir averti de ses intentions concernant son frère…
Elle était sa ‘’femme’’. Cela il n’en doutait pas. Mais il était persuadé de ne pas l’aimer, même si l’inverse était plus que possible…
Et puis… il y avait autre chose aussi… Le sentiment d’avoir fait une erreur en la laissant s’approcher si près de lui… trop près. Après tout, dans le tumulte qu’il subissait, il aurait pu s’abandonner aux douces paroles empoisonnées, ne pas réfléchir, ne pas se poser de question…
Quelque chose l’avait empêché de se laisser aller…
Rassuré de savoir à quoi s’en tenir, il s’écarta d’elle, instaurant une distance de sécurité entre eux. Il ne tenait pas à se faire surprendre une nouvelle fois…
Elle comprit que jamais elle n’arriverait à se faire aimer de cet homme. Son cœur était ailleurs, même s’il ne le savait pas encore…
A cet instant, elle résolut de le haïr autant qu’elle l’avait désiré…
Elle se dirigea vers la porte et frappa deux coups brefs.
Puis se retournant vers Michael :
- On se reverra à ton procès mon chéri… Tu regretteras le jour où tu m’as rencontré…
Le regard noir, Michael la dévisagea sans un mot, se demandant ce que ces paroles lourdes de sens pouvaient cacher…
La porte s’ouvrit sur un gardien au visage joufflu et intrigué : habituellement, les prisonniers tentaient toujours de rallonger leur temps de parloir conjugal par tous les moyens possibles et les gardiens étaient obliger de les interrompre dans leurs ébats…
Nika jeta un dernier coup d’œil à Michael avant d’ajouter avec un sourire triste mais résigné :
- Elle a bien de la chance…
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Michael retourna dans sa tête ses dernières paroles, ne sachant trop ce qu’il devait en penser… ‘’ELLE a bien de la chance’’… Que voulait-elle dire par là… ? Encore une énigme…
Enervé de constater une fois de plus le vide immense de sa vie, le floue total qui l’entourait, il évacua toute sa rage et son amertume en un hurlement de colère qui alerta le gardien…
- Eh Scofield ! On dirait qu’on a des petits problèmes de couple… Lança-t-il narquoisement. Faut t’en prendre qu’à toi si t’es pas capable de satisfaire ta poupée tchèque…
Il l’attrapa par le bras et lui remis les menottes avant de le raccompagner au bloc A, semant le parcours d’allusions douteuses et de rires moqueurs auxquels Michael ne réagit pas, réfléchissant à ce qu’il venait de se passer.
Deux phrases prononcées par Nika occupaient toutes ses pensées…
En la repoussant, il venait de perdre un allié pour son procès. Pire, elle semblait résolue à le lui faire payer…
Et puis… Et puis, il y avait cette dernière phrase prononcée presque douloureusement… ‘’Elle a bien de la chance’’… Il sentit son cœur battre un peu plus vite et ferma les yeux, envahit d’un sentiment très tendre… Il entendit sa propre voix murmurer très doucement, d’une voix un peu rauque SON
prénom… Sara…