Une fiction sur la série Prison Break, qui fait suite à l'épisode 13 de la saison 2. Avec principalement Michael, Lincoln, Kellerman et Sara
7 mois plus tard…
Fin du mois de janvier. Un épais manteau blanc recouvre Chicago. Un froid glacial s’est abattu sur la ville.
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Quelqu’un frappa à la porte. Deux fois.
Sara ne réagit pas, plongée dans un rêve brumeux, engourdie et incapable de bouger. Elle était si bien, naviguant dans des eaux calmes, bien loin du minable deux pièces vétuste qu’elle occupait…
Devant sa porte, Lincoln commençait à s’impatienter. Il cogna une nouvelle fois et attendit. Aucune réponse.
Nerveux, il sortit le double des clés de la poche de sa veste et l’introduisit difficilement dans la serrure. Il avait du mal à maîtriser le tremblement de ses doigts.
‘’ Temps de merde… Encore quelques pauvres bougres qui vont crever de froid cette nuit…‘’
Il était inquiet. Sara allait mal, même si elle faisait tout pour lui faire croire le contraire à chacune de ses visites… Elle avait maigrit, elle flottait dans ses vêtements lorsqu’il l’avait vue une semaine auparavant…
‘’Il faut qu’elle se reprenne. Il faut qu’elle se ressaisisse. Il est temps pour elle de l’oublier maintenant…’’
Il tourna la clé dans la serrure, envahit par un mauvais pressentiment.
‘’Pourvu qu’elle n’ait pas retouché à ces saloperies… La dernière fois qu’elle a fait une dépression…’’
Il poussa la porte et étouffa un juron en découvrant la jeune femme inanimée sur le vieux canapé, une seringue posée sur la table basse à proximité d’un flacon de morphine…
‘’Bordel de m… Je croyais avoir tout balancé la dernière fois… Comment est-ce qu’elle se la procure… ?’’
Effrayé devant sa pâleur, Lincoln s’approcha de Sara et la gifla violemment, lui arrachant un faible gémissement…
‘’C’est au moins ça, elle est consciente…’’ Pensa-t-il légèrement rassuré.
Il se précipita vers l’évier et - après avoir obtenu un filet d’eau d’aspect plus ou moins douteux, revint auprès d’elle avec un torchon humide qu’il lui appliqua doucement sur le visage.
Elle tressaillit et ouvrit les yeux. Des yeux hagards, cernés et sans éclat.
Elle frissonna et leva un regard désolé vers Lincoln avant de bafouiller son prénom.
Sans un mot, celui-ci empoigna la couverture roulée en boule à un mètre de là et l’en recouvrit.
- Linc… Je…
- Arrête tout de suite Sara ! L’interrompit Lincoln furieux. Tu ne vas pas encore me dire que tout va bien, que tu es juste un peu fatiguée… Je ne marche plus là ! Ca fait deux fois que je te retrouve dans cet état ! ! Tu me l’avais promis Sara. Tu m’avais juré que tu ne toucherais plus jamais à cette merde !
Sara resta silencieuse, trop faible pour riposter.
‘’Et à quoi bon riposter. Il a raison. Et je le sais. Mais je ne peux pas, je n’y arrive pas. C’est plus fort que moi…’’
Lincoln la dévisagea un instant, réalisant qu’elle somnolait de nouveau, le menton appuyé contre sa poitrine, recroquevillée…
Il poussa un soupir de découragement, la recouvrit du mieux qu’il pouvait et se laissa lourdement tomber à terre, adossé au canapé.
‘’ Je lui laisse une heure… Après quoi, je l’embarque de force s’il le faut. Hors de question qu’elle reste ici toute seule une journée de plus…’’
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Une heure plus tard…
- Sara… Hey ma grande réveille toi maintenant… Murmura Lincoln en la secouant avec douceur.
Elle émergea difficilement d’un sommeil ponctué de cauchemars. Son visage était marqué, ses traits tirés…
Le cœur serré, Lincoln ne put s’empêcher de remarquer qu’elle semblait avoir pris dix ans en l’espace de quelques mois… Où était passée la jeune femme pleine de vitalité et de volonté qu’il admirait ? Elle n’était plus que l’ombre d’elle même…
Malgré son insistance, celle de Paul, de Jane et même de LJ, Sara avait refusé leur aide.
Refusé d’aller habiter dans la maison d’Aldo près de Denver, où Paul s’était caché pour échapper à la traque de la CIA.
Refusé de vivre avec lui et LJ dans son appartement dans le centre de Chicago.
Elle s’était faite de plus en plus distante, s’était coupée du monde et des seules personnes qui pouvaient l’aider… Elle avait trouvé refuge dans ce foyer pour femmes dans la banlieue de Chicago et subsistait tant bien que mal grâce à des économies qui fondaient comme neige au soleil…
Lincoln l’avait poussée à rechercher un travail sous une nouvelle identité, arguant que la police avait d’autres priorités que la capture de Sara Tancredi… Elle lui avait sourit tristement avant de lui tourner le dos.
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- Sara…
Elle s’assit sur le canapé - silhouette maigre et fantomatique, et baissa la tête, honteuse…
- Linc… S’il te plaît, pas de discours moralisateur… Ca va suffisamment mal comme ça…
- Il était temps que tu le reconnaisses tu ne crois pas ?
Devant le silence de la jeune femme, Lincoln comprit qu’il était temps de passer outre sa volonté. Elle avait beau être têtue, il ne la laisserait pas le jeter dehors cette fois.
- Tu as une valise, un sac quelque part ?
- Dans le placard à droite… Pourquoi ? ! S’inquiéta-t-elle.
- Pourquoi ? Mais parce que je t’embarque très chère… Et tu peux tempêter autant que tu le veux, cela ne changera rien ! Répliqua Lincoln d’un ton qui ne souffrait aucune réplique.
- Linc ! ! ! Cria-t-elle en tentant de se lever mais ses jambes se dérobèrent.
Ignorant Sara, il se dirigea vers le meuble et vida un par un ses tiroirs, entassant ses vêtements dans un grand sac noir.
- Hey ! !
Furieuse, elle s’assit en tailleur, les bras croisés histoire de montrer sa détermination à cette grosse brute sans gêne qui se permettait de fouiller dans ses affaires…
- Je ne bougerais pas d’ici !
Il lui adressa un sourire amusé et poursuivit sa tâche imperturbablement, sentant son regard furibond posé sur lui.
Cinq minutes plus tard, ils roulaient vers l’Ouest…
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Sara resta silencieuse un long moment, exaspérée d’avoir cédé devant Lincoln…
La tête appuyée contre la vitre, elle se sentait revigorée par la douce chaleur qui l’enveloppait…
- Où va-t-on ?
- Rockford.
- Et qu’est-ce qu’il y a à Rockford… ? Soupira Sara agacée.
- Un centre de désintoxication…
Sara le fusilla du regard.
- Je n’ai pas besoin d’aller là-bas Linc !
Il lui jeta un coup d’œil entendu et choisit de ne pas répondre.
- Linc, fais demi-tour maintenant… Tu perds ton temps. Tu ferais mieux de me ramener chez moi et de t’occuper d’LJ. Il a besoin de son père…
Lincoln pila et la voiture s’arrêta dans un crissement de pneu. Il manœuvra et se rangea le long du fossé.
- Tu es f…
- Un, LJ va apparemment beaucoup mieux que toi. Je te rappelle que Michael est son oncle et qu’il l’adore… Mais il a réussit à surmonter sa peine et pour le moment son unique problème est de décider s’il préfère Hélène ou Clara… et il n’a pas besoin de son père pour ça !
- Michael n’a rien à voir là-dedans.
Lincoln la fixa, stupéfait.
- Pardon ? Il a tout à voir au contraire ! S’emporta-t-il.
- …
- C’est bien sûr une coïncidence si tu as complètement sombré il y a sept mois, justement au moment où Michael perdait son procès et était condamné à cinquante ans de prison… Où si tu m’as appelé en larmes moins d’une semaine plus tard, alors que les informations venaient d’annoncer qu’il avait échoué dans une tentative d’évasion, qu’il allait être placé à l’isolement et interdit de visites pendant une durée indéterminée… Tu oses nier que ça n’est pas à cause de mon frère que tu ressembles de plus en plus à… à une loque !
Il se pinça la lèvre, conscient de s’être laissé emporter.
Elle tourna la tête vers lui. Une larme avait laissé une traîné plus sombre sur sa joue et menaçait de glisser dans son cou lorsqu’elle l’essuya du bout des doigts.
- Excuse moi… Je… Je ne voulais pas te blesser Sara… Fit Lincoln embarrassé.
- Non Linc. C’est toi qui avais raison. Je me suis comportée comme une idiote et je crois que le terme « loque » est approprié tout compte fait…
Elle souriait en le regardant mais ses yeux brillants laissaient maintenant échapper des trombes de larmes…
- Oh Sara… ! S’exclama-t-il, ému.
Elle se réfugia contre lui et se laissa bercer par ses bras puissants.
- Je ne me suis même pas rendue compte que j’étais en train de replonger tu sais… Murmura-t-elle, le visage enfouit dans son cou.
- Je sais. Lorsqu’on s’en rend compte il est déjà trop tard…
- Tu parles comme si… Commença Sara surprise.
- La prison a été une très bonne cure de désintox… L’interrompit-il avec un clin d’œil complice.
Ils restèrent plusieurs minutes en silence, sachant qu’ils n’avaient pas besoin de mots pour se comprendre. Puis Sara s’écarta.
- On ferait mieux de repartir maintenant si tu veux être de retour à Chicago avant la nuit…
Il la scruta.
- Tu es d’accord pour aller à Rockford… ?
Elle hocha la tête et se renfonça dans son siège - les jambes ramenées contre elle, avec un soupir lasse.
- LJ a une semaine de vacances. On va aller faire un tour du côté de Denver, voir si nos deux supers agents ne se sont pas entretués… Dit Lincoln en riant.
- Paul et Jane ? Ils s’entendent si mal que ça… ?
- Au contraire… Soupira Lincoln d’un air déçu.
- Hey… Monsieur Burrows serait-il jaloux de son grand ami Paul… ? Se moqua gentiment Sara.
- Non… Enfin, si… Peut être un peu… Avoua-t-il finalement.
*****
Après avoir déposé Sara au centre et s’être assuré qu’elle y serait bien ; après l’avoir serrée dans ses bras en lui promettant de venir la chercher dès que les médecins lui donneraient la précieuse autorisation de sortie ; Lincoln reprit la route de Chicago, le sourire aux lèvres…
Il pensait à Paul.
Au jour où celui-ci avait rencontré Jane et revu LJ. Un cocktail explosif...
C’était juste après que Michael ait été placé à l’isolement ; après sa tentative d’évasion ratée.
Ils avaient senti le besoin de s’écarter un peu de Chicago et avaient atterri dans cette immense villa près de Denver…
Il se remémora LJ, ouvrant la porte et se retrouvant face à Paul. Le regard surpris de son fils avant qu’il ne lui saute dessus, le martelant de coup de poing et le traitant d’assassin tandis que Paul ne faisait rien pour se défendre. L’intervention musclée de Jane qui avait arraché LJ à sa proie, immobile à terre, le visage en sang.
Son fils l’avait ensuite aperçu et s’était effondré, incapable de canaliser les sentiments violents qui le traversaient… Le désir de vengeance envers celui qui avait tué sa mère et tenté de l’éliminer, le soulagement de revoir son père bel et bien vivant et libre…
C’était dès cette première rencontre assez mouvementée que Paul était tombé sous le charme de Jane… Il était resté - soi disant pour échapper à la CIA… Mais la présence de Jane n’était sûrement pas étrangère à cette décision…
Il pensait à Sara.
Elle avait fait un pas en avant aujourd’hui. Un grand pas qui la rapprochait de sa nouvelle vie. Un grand pas qui l’éloignait de Michael…