Une fiction sur la série Prison Break, qui fait suite à l'épisode 13 de la saison 2. Avec principalement Michael, Lincoln, Kellerman et Sara
Rockford,
Centre de désintoxication K. Blumy
Deux semaines plus tard
Légèrement déprimée, Sara sortit de la salle où avaient lieu les réunions journalières entre les "addicted". Elle n’avait encore pas participé lors de la séance d’aujourd’hui. Certes, cela n’allait sûrement pas l’aider à résoudre ses problèmes, mais elle ne pouvait pas parler ouvertement à ces inconnus… Ce qu’elle cachait précieusement au fond de son cœur ne les concernait pas.
Après avoir avalé un semblant de déjeuner – elle ne tenait pas à s’attirer une nouvelle fois les foudres des médecins, qui avaient souligné que son rétablissement passait par une alimentation plus saine que celle de ces derniers mois… elle regagna sa chambre.
Elle se sentait d’humeur maussade. Un brouillard recouvrait continuellement le parc, enlevant tout son charme à ses promenades solitaires…
Le front posé contre la vitre froide, elle ferma les yeux, se laissant envahir par quelque chose qui ressemblait à de la nostalgie ; submergée par le souvenir d’un regard d’un bleu profond…
Elle se redressa brusquement lorsqu’on frappa à la porte, réalisant qu’elle se trouvait à des années lumières de Lui, et se précipita pour ouvrir…
- Mlle Tancredi ?
- Oui.
Le jeune infirmier qui se tenait face à elle paraissait agité, mal à l’aise.
Appuyée contre le montant de la porte, elle écarquilla les yeux, attendant patiemment qu’il lui explique les raisons de sa présence…
- Heu… Le… Le Docteur Ennéade voudrait vous voir. Dans son bureau.
- Ah… ? Bien, je… Maintenant ?
Qu’allait-on encore lui reprocher ? Son manque de coopération ou de volonté ? Son attitude déplorable pendant les séances ? Ses promenades nocturnes ?
- Il a dit que… Que si vous ne veniez pas immédiatement, il ne resterait bientôt plus aucun des délicieux biscuit amoureusement préparés par sa femme et que se serait déplorable que vous ratiez un tel régal…
Il avait tout débité d’une traite – rougissant, et avant que Sara n’ait eut le temps de dire un mot, il était reparti, la laissant scotchée sur le pas de sa porte.
Elle sourit sans même s’en rendre compte, puis – davantage intriguée qu’inquiète, elle se dirigea vers le bureau du médecin.
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Elle pénétra dans la pièce après y avoir été invitée.
Elle eut l’impression de se retrouver à l’intérieur d’un chalet, accueillant et romantique. Un feu diffusait une douce chaleur, les murs étaient recouverts de vieilles pierres, le plafond de lambris et sur le parquet était étalé un tapis de laine blanche. Sur le tapis, un bureau en bois, brillant à force d’être ciré, et extrêmement ordonné. Derrière le bureau, le vieil homme la dévisageait de son regard gris clair, assis dans un confortable fauteuil, les mains jointes, les coudes posés sur le bord du bureau.
- Vous paraissez surprise Sara, je me trompe ? Demanda-t-il avec ce sourire malicieux qu’elle connaissait déjà.
Elle acquiesça, immédiatement charmée par les lieux et par son occupant.
- Habituellement, les bureaux ne ressemblent pas à ça… Enfin, ça n’était pas l’idée que je me faisais d’un bureau… C’est… C’est… extraordinaire.
- Pour la décoration, c’est ma femme qu’il faut féliciter… Dit-il fièrement. Pour le reste… Je hais le désordre et la saleté. Votre diagnostique Docteur ? Suis-je Maniaque ? Demanda-t-il sur le ton de la plaisanterie.
- Si ça vire à l’obsession et à l’idée fixe, oui… Rétorqua-t-elle d’un ton très professionnel, avant de se rendre compte de son erreur.
Elle se mordit violemment la lèvre, furieuse.
- Vous savez que je suis médecin ? Demanda-t-elle soucieuse.
- En effet. Même si vous avez précisé ‘’Sans emploi ‘’ dans le dossier que vous avez rempli à votre arrivée…
- Alors vous…
Elle hésita.
- Je sais que vous êtes recherchée par la police oui.
Il l’invita d’un geste à s’asseoir, ce qu’elle fit mécaniquement.
- Et avant qu’il ne vous prenne l’envie de sauter par la fenêtre et de vous enfuir en courant, sachez que je ne vous dénoncerais pas, et que je suis l’unique personne à connaître votre identité dans cet établissement. A priori.
Sara tourna les yeux vers lui – interdite, et eut l’impression d’être traversée de part en part par son regard.
Comment pouvait-il savoir qu’il lui était justement venu à l’esprit l’idée de fuir aussi vite et loin que ses jambes pouvaient la porter… ?
- Je… Depuis quand êtes vous au courant Docteur ?
- Depuis le jour de votre arrivée bien sûr.
Il se pencha un peu vers elle.
- J’avais suivi de près l’évasion de Fox River et la chasse à l’homme… Les médias ont fait beaucoup de bruit lors des arrestations et procès des deux frères… Beaucoup plus croustillants que la simple accusation de complicité d’évasion qu’on vous avait collé sur le dos… Rendez-vous compte : Lincoln Burrows, présumé coupable de l’assassinat de Terrence Steadman et condamné à mort, expose au grand jour un complot impliquant les plus gros pontes de notre gouvernement et est innocenté après avoir passé trois ans dans le couloir de la mort… Et son jeune frère, Michael Scofield, qui écope de cinquante ans pour lui avoir sauvé la vie… Triste histoire…
Le Docteur Ennéade laissa passer un instant avant de poursuivre, la regardant droit dans les yeux.
- Après ça vous avez disparu du devant de la scène et plus personne n’a entendu parler de Sara Tancredi… Jusqu’à ce que vous débarquiez ici, accompagnée de Monsieur Burrows… Je vous ai immédiatement reconnue.
- Pourquoi ne pas avoir prévenu la police ?
Sara se sentait prête à craquer… Encore une fois. Elle pressa de toutes ses forces ses paumes contre ses yeux…
- Pourquoi ? Et bien il me semble que vous n’étiez pas loin de toucher le fond… Vous dénoncer reviendrait à vous maintenir la tête sous l’eau… Et honnêtement, je pensais que je pourrais peut être… vous aider. Je le pense toujours.
Sara esquissa un pauvre sourire.
- Je vous remercie Docteur mais vous ne pouvez pas m’aider. Ni vous ni personne…
Sur ces mots elle se leva en hâte et se dirigea vers la porte le cœur battant, redoutant de rester plus longtemps face à cet homme qui semblait lire si facilement en elle…
(...)