Une fiction sur la série Prison Break, qui fait suite à l'épisode 13 de la saison 2. Avec principalement Michael, Lincoln, Kellerman et Sara
J’entrouvris les yeux dans le noir en entendant un bruit de pas dans le couloir, accompagné d’un cliquetis caractéristique…
Une démarche un peu lourde, irrégulière… Lewis.
Il ne venait pas pour moi.
Mes journées étaient plus régulières qu’un métronome et cette visite ne faisait pas partie de ma routine…
Le sentiment de n’être qu’une ombre, une enveloppe vide, me pénétra encore un peu plus et je refermais les yeux, persuadé de mon inexistence…
Un autre à ma place se serait plongé dans de doux souvenirs pour ne pas sombrer dans la folie… Mais où pouvais-je fuir moi ? Je n’étais personne. Un fantôme… Penser était devenu trop douloureux. C’était penser à Lincoln. A son abandon. A ma colère.
Une colère que j’avais retourné contre moi : J’avais donné ma vie pour mon frère. C’était mon choix, mon sacrifice. Je ne pouvais pas lui en vouloir de ne pas avoir fait de même… Je n’en avais pas le droit.
J’avais finalement trouvé refuge dans le sommeil. Il m’offrait un échappatoire à des pensées insupportables, à ces quatre murs désespérément blancs et lisses, à ce cauchemar sans fin…
Seize heures par jour environ, je sombrais en espérant ne pas me réveiller…
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La clé glissa dans la serrure et une violente lumière envahit la pièce.
Je plissais les yeux instinctivement pour me protéger de l’agression.
Voilà, je venais de rencontrer pour la première fois depuis plus de huit mois un notable changement dans mon emploi du temps… J’étais loin d’imaginer alors ce que cet infime imprévu allait déclencher…
- Debout Scofield ! Tu as de la visite !
Je me redressais brutalement, croyant avoir mal entendu, puis, après un court moment de silence, éclatais de rire. Un rire qui sonnait étrangement faux, comme désaccordé…
- Très drôle Lewis. Vraiment… J’ai failli marcher…
Je ne reconnaissais pas ma voix. Rauque. Cassée. Les mots avaient du mal à franchir la barrière de mes lèvres. Depuis combien de temps n’avais-je pas parlé ?
- Je ne plaisante pas Scofield. Bouges-toi et suis moi… S’impatienta le gardien en glissant sa main vers la barre de métal qu’il portait à sa taille.
Je retrouvais immédiatement mon sérieux, le regard attiré par son geste intimidant.
- Vous savez très bien que je suis interdit de visite… Rétorquais-je prudemment, sans esquisser un geste pour le suivre.
Il poussa un soupir d’énervement.
- Plus maintenant Scofield… Un type de je ne sais quelle commission des droits des détenus est passé hier et a eu une discussion avec le directeur à ton sujet…
- Quoi ! !?
- Ecoutes : soit tu te décides maintenant, soit je referme cette porte et je préviens ton visiteur que tu es trop occupé pour le recevoir !
Je sautais sur mes pieds, soudainement bien réveillé.
Mon visiteur… Et si c’était Lincoln… ? Ca ne pouvait être que lui ! Enfin il allait tout m’expliquer : son absence au procès, mon amnésie… J’allais demander l’aide de son avocat, faire appel du jugement…
Je sentais mon cœur battre fort dans ma poitrine, l’excitation me gagner tandis que je me dirigeais à la suite de Lewis dans le couloir.
Il m’enleva les menottes devant la porte, et me prévint que j’avais "un quart d’heure, pas plus"…
Nerveux, je pénétrais dans la pièce.
L’homme qui me faisait face et qui me dévisagea, les yeux écarquillés de surprise, n’était pas Lincoln…
- Michael ? C’est bien vous… ?
- A vous de me le dire… Répliquais-je goguenard, à la fois déçu et intrigué.
- Excusez-moi… Mais avec ces cheveux longs et la barbe… Je vous ai connu moins…négligé…
Il affichait un sourire moqueur, se retenant apparemment de s’esclaffer plus ouvertement.
- Jusque là ça ne gênait pas grand monde voyez-vous… Répondis-je, encore plus renfrogné.
J’observais attentivement son visage. Impossible de savoir s’il m’était sympathique ou antipathique… Mais je le connaissais.
Il me tendit la main, que je serrais après une brève hésitation.
- Paul Kellerman, je suis l’avocat de Lincoln Burrows.
- Oh…
Ainsi ça n’était pas un souvenir de mon ancienne vie qui avait refait surface… Dommage. Effectivement, je me rappelais maintenant que le visage de ce Kellerman était aux côtés de celui de mon frère dans tous les journaux après sa libération…
- Vous pouvez faire quelque chose pour moi ? Demandais-je sur un ton badin.
- Bien sûr. Pourquoi croyez-vous que je suis là… ? Dit-il ironiquement.
- Dites à mon frère que la prochaine fois, il devra se déplacer lui-même au lieu de m’envoyer son avocat ! Si bien sûr il a la moindre considération pour moi, ce dont je doute sérieusement je vous l’avoue ! ! Après tout, d’après ce que j’ai cru comprendre, je lui ai juste sauvé la vie… Trois fois rien. Apparemment pas assez pour qu’il se donne au moins la peine de venir à mon procès, à défaut d’assurer ma défense ! ! Qu’il profite de sa liberté durement gagnée ! Il faut croire que savoir son jeune frère en prison ne l’a pas empêché de dormir pendant tous ces mois… Est-ce qu’il a soudain été pris de remord au point de me dépêcher son "sauveur" ? ! ! !
BAM ! Huit mois de fureur emmagasinée venaient de se déverser sur Kellerman qui avait – étrangement- perdu son sourire narquois…
Je le fusillait du regard, repoussait brutalement ma chaise et lui tournait le dos, me dirigeant vers la porte. Je voulais des explications, et je les voulais de la bouche de mon frère !
- Vous faites une grave erreur Michael…
Je marquais un temps d’arrêt, mais ajoutais sans me retourner :
- On verra Monsieur Kellerman… J’attends la visite de Lincoln.
- Il ne viendra pas.
Sa réponse couperet me stoppa net.
(...)