Une fiction sur la série Prison Break, qui fait suite à l'épisode 13 de la saison 2. Avec principalement Michael, Lincoln, Kellerman et Sara
26 juin, 17h00
Colorado, environs de Denver
- Jaaaaaane ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
Le hurlement retentit dans toute la maison, faisant vibrer les fenêtres…
-----
Jane venait de finir le tour de la propriété, adressant toujours les mêmes consignes de sécurité et de vigilance aux hommes postés à l’extérieur.
La demeure était le refuge de LJ depuis que son père et son grand père étaient allés retrouver Michael… Causant la perte d’Aldo…
Le coup avait été rude.
Pour Jane, qui le connaissait depuis de longues années ; mais aussi pour tous ceux qui luttaient sans relâche contre la toute puissante Compagnie…
Elle lui avait fait la promesse de veiller sur LJ… Elle la tiendrait, quitte à y laisser sa vie…
-----
Son sang ne fit qu’un tour lorsque le cri se fit entendre.
Elle dégaina son arme et sprinta en direction de la maison, suivit d’un des gardes.
« Mon Dieu… LJ! C’est pas vrai ! ! !»
Elle redoubla d’efforts - le cœur battant à tout rompre, saisit d’une panique soudaine, poussa brutalement la porte d’entrée et se précipita dans les escaliers…
« Faite que je n’arrive pas trop tard… » Supplia-t-elle intérieurement, furieuse contre elle même…
« S’il devait lui arriver quelque chose… »
Elle enjamba les marches quatre à quatre, accéléra encore et envoya valser la porte de la chambre d’LJ dans laquelle elle s’engouffra l’arme au poing…
-----
Elle se figea aussitôt… et baissa son arme avec un soupir soulagé…
- Merde Jane… Tu m’as foutu une de ces peurs ! ! S’exclama LJ, un large sourire aux lèvres, les yeux rieurs…
- QUOI ! ! ! Répètes moi ça un peu Junior ! !
Elle le dévisagea d’un air faussement furieux - les mains posées sur ses hanches, avant d’éclater de rire…
Elle se dirigea vers lui et le serra dans ses bras, lui ébouriffant gentiment les cheveux.
- Ne me refais jamais ce coup là Lincoln Junior…
- Sinon quoi ? Tu le diras à mon père ? Rétorqua-t-il avec un sourire malicieux.
Jane ne sut que lui répondre… Ils avaient beaucoup parlé depuis leur rencontre - apprenant mutuellement à se connaître et à s’apprécier… Elle avait toujours été franche avec lui, répondant à toutes ses interrogations concernant son grand-père ou la Compagnie…
Mais depuis qu’ils avaient appris l’emprisonnement de Lincoln une semaine auparavant, LJ s’était sensiblement renfermé, refusant d’évoquer son père… Jusqu’à aujourd’hui…
Son père… Il ne le reverrait probablement plus jamais, et elle non plus…
Dommage, elle avait une revanche à prendre sur le digne père de son fils…
Elle poussa un soupir et se laissa tomber sur son lit, résolue à avoir cette conversation, qu’il le veuille ou non…
- Ecoute LJ… Commença Jane mal à l’aise.
« Pourquoi fallait-il toujours que les missions délicates dans ce genre lui reviennent ? Et comment veut-il que j’arrive à réfléchir à ce que je dois lui dire avec ce boucan… »
Elle fixa d’un air courroucé la télévision qui marchait à plein volume, et s’empara de la télécommande.
Elle allait presser le bouton lorsqu’elle réalisa les images qu’elle avait sous les yeux…
Les yeux rivés à l’écran, elle vit Lincoln sortir du tribunal, sans chaînes ni gardes - l’air bouleversé, soutenu par un homme qui devait être son avocat…
Il releva soudain la tête vers les caméras et leur adressa un signe de la main, un sourire qu’elle connaissait bien sur les lèvres…
Le même que son père ; le même que son fils…
Stupéfaite, elle se retourna vers LJ, immobile à ses côtés.
- C’est… c’est impossible… Souffla-t-elle, estomaquée. « Lincoln, libre ? »
LJ essuya discrètement une larme qui perlait au bord de ses yeux.
- On dirait que non ! Fit-il en riant nerveusement.
Débordant d’émotions trop fortes, trop contradictoires, il se réfugia dans les bras de Jane et laissa libre cours à ses sentiments, déversant des larmes longtemps contenues, laissant ressurgir les secrets de son cœur… sans pitié pour la chemise de Jane, qui resta stoïque face à ce déluge, se souciant uniquement de ne pas desserrer son étreinte…
Au bout de quelques minutes, elle lui releva la tête du bout des doigts et croisa son regard apeuré…
- LJ. Ton père est libre, tu n’as plus à avoir peur… Tu vas le revoir. Bientôt. Fit-elle rassurante.
- J’aimerais te croire, dit-il d’un air sinistre.
Jane comprit au ton du jeune homme que quelque chose n’allait pas… Elle resta silencieuse, l’encourageant mentalement à poursuivre.
- Le type qui est avec lui… C’est l’homme dont je t’ai parlé : celui qui a tué ma mère et mon beau-père… Celui qui a essayé de me tuer…Dit-il la gorge serrée.
Il entendait encore sa voix moqueuse pendant qu’il rechargeait son arme pour l’éliminer…
- Owen Kravecki, alias Paul Kellerman… Lincoln est en danger tant qu’il est avec lui… J’ai peur Jane… Fit-il désespéré.
Jane resta une fois de plus bouche bée… Cela faisait trop de données d’un seul coup… Entre la libération complètement inattendue de Lincoln et la présence à ses côtés de cet agent secret à la solde de la Compagnie… Elle ne savait plus où elle en était.
« Il doit y avoir une explication logique… Il y en a toujours une… »
Elle se retourna de nouveau vers la télévision et examina attentivement les images qui défilaient en boucle derrière le journaliste.
« C’est étrange… Très étrange… » Pensa-t-elle troublée. La manière dont LJ lui avait présenté ce Kellerman ne collait pas du tout avec ce qu’elle voyait… Elle l’avait imaginé froid, calculateur, sans pitié… Et il lui semblait doux et protecteur envers Lincoln…
- Une chose est sûre LJ… Quoi que ce Kellerman ait pu te faire dans le passé, les médias l’ont présenté comme l’avocat de Lincoln, et il vient de le faire libérer…
- Tu ne comprends pas Jane ! S’emporta violemment le jeune homme. Si Papa a été libéré c’est que cela fait parti des plans de la Compagnie…
- Non LJ… Tu ne réalises pas toutes les conséquences de sa libération. Toutes les charges ont été levées, il n’est plus accusé du meurtre de Steadman… Cela signifie que le juge a reconnu la réalité du complot, l’implication de la Présidente même… Grâce à cet enregistrement qu’Aldo recherchait désespérément et pour lequel tant de gens sont morts ; grâce à un avocat qui a du se montrer extrêmement convaincant… Je ne sais pas se qu’il s’est passé mais Paul Kellerman est de notre côté désormais…
- Tu crois ? Fit LJ en lui jetant un coup d’œil incrédule.
- J’en suis certaine. Répondit-elle avec un sourire contagieux. Il faut qu’on fête ça… Champagne ?
-----
26 juin,
Pénitencier de Fox River
Michael soupira et jeta un coup d’œil nerveux à sa montre… 18h.
Il essuya ses mains moites sur son tee-shirt, se leva, s’aspergea abondamment le visage et la nuque et plongea la tête au creux de sa serviette, s’abandonnant à cette sensation de douce sécurité…
Puis, il s’approcha des barreaux, posa son front contre le métal froid et ferma les yeux.
Il connaîtrait bientôt quel serait le sort de son frère…
La liberté… Ou la mort…
-----
Pendant ce temps, du côté de « Saint Louis », les matons étaient agglutinés devant le téléviseur, commentant avec entrain l’énorme nouvelle…
« Merde Pitch, on a failli exécuter un innocent ! ! »
« Il serait bien capable de se faire tatouer les plans de Fox River pour faire évader son frangin… »
« Vous y croyez à cette histoire de complot ? Moi je dis que c’est louche cet enregistrement d’une conversation « post-mortem » entre la Présidente et son frère… »
« Dommage pour Scofield… C’est lui qui va trinquer… »
Les rires gras fusaient de toutes part… On n'avait pas fini d’entendre parler de Linc the sink à Fox River…
-----
La rumeur ne tarda pas à atteindre l’aile A, propagée à la vitesse de la poudre enflammée…
L’explosion souffla Michael qui sentit ses jambes se dérober sous lui. Il tomba à genou, s’agrippant aux barreaux pour garder contact avec la réalité…
Lincoln était libre… Il avait du mal à saisir le sens de ces mots. Mais il savait cependant au plus profond de son cœur qu’il avait atteint son but…
- Hey ! Ça va Gueule d’Ange ? Demanda son codétenu, inquiet.
- Je ne sais pas Val… Fit Michael étourdi. J’ai rêvé où mon frère a été innocenté… ?
Alors, pour la première fois, le vieil homme grincheux et renfermé lui adressa un clin d’œil complice, faisant naître un sourire sur les lèvres de Michael…